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Le café comme produit commercial

Drei gefüllte Kaffeesaecke stehen nebeneinander an eine Holzkiste gelehnt

Le café fait partie des produits les plus importants du commerce mondial et est soumis aux forces de l’offre et de la demande. Cet article décrit les circuits et systèmes de commercialisation dans les pays producteurs, complétés par des informations sur le transport ainsi que sur les conditions d’importation et d’exportation.

1.1. Le café – un produit agricole majeur

Aujourd’hui, le café est cultivé dans plus de 70 pays et occupe une place particulière parmi les cultures de plantation. Celles-ci comprennent des plantes tropicales pérennes comme le cacao, le thé, le caoutchouc, les bananes, le jute, l’huile de palme, l’huile de coco, le sucre et le coprah. Elles sont cultivées aussi bien à grande échelle que par de petits exploitants.

Bien que ces cultures ne représentent qu’environ 8 % de la surface agricole mondiale (environ 130 millions d’hectares sur 1 532 millions d’hectares, source : Statista, 2018), elles constituent des produits d’exportation essentiels pour de nombreux pays producteurs et créent de nombreux emplois. Les pays en développement dominent ces exportations : à l’exception du sucre, ils assurent plus de 90 % des exportations mondiales des autres produits.

Le café est cultivé sur plus de 10,5 millions d’hectares. Sa production est très intensive en main-d’œuvre. On estime que 20 à 25 millions de personnes vivent directement de la production et de la transformation du café. Pour de nombreuses familles, le café est une source de revenus essentielle et un moteur de développement économique. Dans certaines régions dominées par l’agriculture de subsistance, il constitue la principale source de revenus monétaires. Au total, environ 100 millions de personnes dans le monde dépendent directement ou indirectement du café.

Les exportations de café représentent une part importante des recettes en devises de nombreux pays producteurs, nécessaires pour financer les importations et le service de la dette. Cependant, seuls quatre pays tirent aujourd’hui plus de 25 % de leurs recettes d’exportation du café, en raison de la diversification économique et de la baisse des prix mondiaux.

Environ 95 % du café est exporté sous forme de matière première, tandis que seulement 5 % correspondent à des produits transformés comme le café soluble ou torréfié. Environ trois quarts de la production mondiale sont exportés. Les fortes fluctuations de prix affectent fortement les économies des pays producteurs.

1.2. Commercialisation dans les pays producteurs

Les systèmes de commercialisation du café varient fortement selon les pays. Le parcours du café, de la plantation jusqu’à l’exportation ou à la torréfaction, dépend de facteurs historiques, sociaux, politiques et géographiques.

1.3. Systèmes et circuits de commercialisation

Selon la variété de café, la taille des plantations et les méthodes de traitement (voie sèche ou humide), les circuits de vente diffèrent.

Les acteurs impliqués peuvent inclure : coopératives, planteurs, transformateurs, exportateurs et négociants. Selon les cas, un même acteur peut assurer plusieurs fonctions.

En règle générale : plus la production est assurée par de petits exploitants, plus les circuits de commercialisation sont longs. Historiquement, le café provenait de grandes plantations vendant directement à des négociants internationaux. Avec l’essor des petites exploitations, les systèmes sont devenus plus complexes.

1.3.1. Commercialisation libre

Ce système s’est largement imposé. Les producteurs décident eux-mêmes quand, combien et à qui vendre leur café.

Les acteurs privés assurent la transformation et la préparation pour l’exportation. L’État joue surtout un rôle de conseil, de coordination et de contrôle limité.

1.3.2. Commercialisation contrôlée

Depuis les années 1980–1990, la plupart des pays ont libéralisé leur marché du café. Les systèmes étatiques se sont révélés inefficaces et coûteux.

Autrefois, des organismes publics fixaient les prix et contrôlaient les exportations. En Afrique anglophone, les « Marketing Boards » géraient ces processus. Dans les pays francophones, la « Caisse de Stabilisation » fixait les prix et contrôlait les marges.

En Amérique latine, des institutions semi-publiques assuraient l’achat et garantissaient parfois des prix minimums. Elles offraient également des services tels que financement, recherche et stockage.

Aujourd’hui, seule la Colombie maintient encore un système similaire, avec une influence décroissante.

1.4. Influence des politiques sur les prix du café

Le café reste un produit clé pour les économies des pays en développement. Toute variation de prix a un impact direct sur les revenus et le développement socio-économique.

Les interventions politiques visent souvent à stabiliser les prix face aux fluctuations du marché et aux excédents de production.

1.4.1. Politique nationale du café

Les gouvernements influencent la production via investissements, soutien technique et programmes agricoles. La qualité prend de plus en plus d’importance par rapport à la quantité.

Les taxes à l’exportation constituent une source majeure de revenus publics et financent notamment les infrastructures et le développement.

1.4.2. Organisation internationale du café (ICO)

Depuis les années 1960, des accords internationaux visent à stabiliser le marché du café. Ils régulaient notamment les volumes d’exportation afin de maintenir les prix.

Ces systèmes ont montré des limites, notamment en empêchant une production adaptée au marché et en créant des déséquilibres de prix.

Aujourd’hui, l’ICO joue un rôle de coordination, de collecte de données et de conseil, sans mécanismes contraignants comme les quotas.

1.4.3. Coopérations entre pays producteurs

Depuis plus de 50 ans, les pays producteurs tentent de coordonner leurs politiques pour influencer les prix, notamment via des limitations d’exportation.

Certaines initiatives ont eu un impact limité et ont souvent échoué à long terme en raison des divergences d’intérêts entre pays.

1.5. Consommation dans les pays producteurs

Environ 24 % de la production mondiale est consommée localement. Dans certains pays, comme Haïti ou Cuba, la consommation interne dépasse 80 %.

Le café a une forte dimension culturelle dans de nombreux pays producteurs. Les meilleures qualités sont souvent exportées, tandis que le marché local consomme des qualités inférieures.

1.6. Exportations de café

Les exportations mondiales ont fortement augmenté depuis la Seconde Guerre mondiale. Elles dépendent de nombreux facteurs : production, prix, stocks et régulations.

1.7. Principaux exportateurs

Les plus grands exportateurs sont le Brésil, le Vietnam et la Colombie. Ensemble, ils représentent une part majeure du marché mondial.

Le café est principalement exporté sous forme brute. Les produits transformés représentent une part marginale.

1.8. Le café comme marchandise transportée

Le café parcourt souvent des milliers de kilomètres avant d’être consommé.

Aujourd’hui, il est majoritairement transporté en conteneurs, parfois en vrac (« bulk »), ce qui permet de réduire les coûts et l’impact environnemental.

Cependant, les cafés de spécialité continuent d’être transportés en sacs pour garantir leur qualité.

1.9. Pays importateurs et consommation

La consommation mondiale atteint environ 108 millions de sacs par an.

Les principaux marchés sont l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. Les habitudes varient selon les régions (types de café, torréfaction, préparation).

1.10. Taxes et droits d’importation

Les taxes sur le café ont fortement diminué dans les pays consommateurs.

  • L’UE ne prélève plus de droits de douane sur le café vert
  • Certains pays appliquent encore des taxes spécifiques
  • En Allemagne, une taxe sur le café subsiste
  • La TVA varie selon les pays